KEIV de 1 à 6  Série de 6 tableaux de 20 x 20 cm réalisés début mars 2022 KEIV de 1 à 6  Série de 6 tableaux de 20 x 20 cm réalisés début mars 2022 KEIV de 1 à 6  Série de 6 tableaux de 20 x 20 cm réalisés début mars 2022 
KEIV de 1 à 6 Série de 6 tableaux de 20 x 20 cm réalisés début mars 2022

Comment ne pas être traversé par les évènements de notre époque ?

Les “tableaux de poche”, sont accessibles à tous, sont légers , petits et nomades. Ils circulent facilement sous le manteau. Les couleurs printanières, d’encres et de pastels des compositions, font écho au titre noté au dos du tableau: “Kiev”, Mars 2022, ville et date, théâtre de terribles évènements.

Drôles de convergences: Mars, planète attribuée à un dieu belliqueux, n’est-elle pas dans la visée de nos convoitises . Renversons le “M” de ce mois:  “Wars” apparait, ce qui signifie “guerres” en anglais.  Que diraient “les anciens” comme Picasso devant Guernica en assistant au bégaiement de l’histoire?  Et Francesco Goya revivrait son “El tres de Mayo”. Et Munch ne se boucherait-il pas les oreilles ? L’art n’est décidément pas un remède pour soigner l’espèce humaine !!                                                                                                                                                                                                                                                                                               N’est-il pas plutôt anti-corrosif, résistant et révolutionnaire pour unifier les foules? Delacroix se saisit de ce moteur fédérateur avec sa “liberté guidant le peuple”,  une mission menée de nos jours par le Street Art (avant le moule de l’institutionnalisation). L’artiste, qu’il soit plasticien, écrivain, photographe, cinéaste… réussit à sensibiliser pour infléchir des politiques, des folies, parfois avec trois fois rien. Il lève haut un miroir pour capter et renvoyer les reflets sombres d’une l’époque, nous rappelle que tout se rejoue comme dans les représentations sombres de la renaissance dépeintes par un Brueghel l’Ancien : il montre le goût incommensurable et égoïste de certains, de posséder, de dominer en détruisant, et même d’assassiner en masse. Les bris de glace montrent sans détour et pastiche, témoignent sans concession, dénoncent sans complaisance. L’art engagé est une incantation incarnée. Il est un antidote pour le collectif, le nourrit d’un espoir immortel et universel face à l’horreur et l’injustice. Paradoxalement l’alchimie de la création parvient à de transmuer l’insoutenable en beauté; peut-être pour le rendre plus supportable. La force symbolique de l’art imprime nos consciences par sa vérité.

Mes créations naissent de cette exaspération face à l’Histoire qui nous traverse. Mes tableaux de poche sont dérisoires, des “cocktails Molotov bien inoffensifs”.   Ils sont réalisés avec peu de moyens: du papier, de la colle, du bois et des pigments, tout comme la bouteille et son étiquette, qui racontent une satisfaction passée. L’œuvre contient en contre partie une autre promesse, plus explosive à l’allumage: le revendication de graver un évènement et une mémoire. Au-delà des couleurs, des trames étiolés, mes tableaux expérimentent une Beauté qui clame l’évanescence, l’absurdité de la condition humaine sur notre planète et l’équilibre si fragile de toutes choses…

20 x 20x 3 cm
Encres colorées, pastels gras et trames sur papier,
marouflé sur bois
Signé et daté au dos

« En ces temps de misères omniprésentes, de violences aveugles, de catastrophes naturelles ou écologiques, parler de la beauté pourrait paraître incongru, inconvenant, voire provocateur. Presque un scandale. Mais en raison de cela même, on voit qu’à l’opposé du mal, la beauté se situe bien à l’autre bout d’une réalité à laquelle nous avons à faire face. Je suis persuadé que nous avons pour tâche urgente, et permanente, de dévisager ces deux mystères qui constituent les extrémités de l’univers vivant : d’un côté, le mal ; de l’autre, la beauté. Ce qui est en jeu n’est rien de moins que la vérité de la destinée humaine (…) »
Tan Taig Maitre chinois de la peinture à l’encre de chine. François Cheng,

 

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