Des réseaux Sociaux à Hubbub Art

L’origine …

La notion de réseau social a été introduite par l’anthropologue John Arundel Barnes en 1954. Nul n’est besoin de préciser que « le réseau social » tel que nous l’entendons aujourd’hui n’existait pas encore.  Il n’est pas le premier à avoir utilisé ce terme, mais il est le premier à l’avoir abordé de manière scientifique. John Arundel Barnes projette le « réseau social » en 3 dimensions, des interrelations infinies et évolutives.

En sociologie, le concept de réseau social définit l’ensemble des relations sociales d’un individu qui pourraient se matérialiser par des cercles concentriques de plus en plus éloignés.

Frigyes Karinthy invente en 1929 le concept des « six degrés de séparation » . Deux personnes choisies au hasard dans le monde peuvent entrer en connexion en suivant une chaine de connaissance ne comptant pas plus de 5 intermédiaires différents. En 2016 ce degré de séparation a été réduit à 3.5 sur le réseau social de Facebook.

Les réseaux sociaux actuels ont pris bien plus à la sociologie qu’il n’y parait. Les sociologues parlent de réseaux horizontaux (constitués de liens de parentés) et de réseaux verticaux (constitués par des liens de dépendance, de fidélité). Ces deux formes de réseaux sociaux peuvent aussi se combiner.

Aujourd’hui nous parlons de réseaux sociaux horizontaux comme Facebook, réseau social généraliste et de réseaux sociaux verticaux, ou dits spécialisés, comme LinkedIn. Il est amusant de constater comme certaines similitudes rapprochent la sociologie des technologies. Tout change et pourtant rien ne change vraiment.

Les limites des Géants…

En réponse aux réseau sociaux généralistes de nouveaux réseaux sociaux verticaux trouvent leur origine dans la perte de sens. La mondialisation de Facebook donne naissance à des réseaux régionaux prônant l’identité culturelle et le tissage de réseaux aux dimensions humaines. L’interconnexion des professionnels sur Linkedin va propulser la naissance de réseaux sociaux spécialisés par secteurs d’activité… Il semble qu’internet n’échappe pas à ce besoin d’appartenance, d’identité, d’échange demandé par la nouvelle génération, la génération Z. 

Cette tendance constatée n’irait-elle pas dans le sens de la « psychologie évolutionniste » qui pose l’hypothèse qu’un individu ne peut reconnaitre et interpréter les réactions que d’un nombre maximal de personnes ? Ce nombre ne serait-il pas comme le prétend Robin Dunbar, anthropologue britannique, de 148 ? appelé aussi « la règle des 150 » ou « nombre de Dunbar ». Alors que penser de cette course aux amis sur les réseaux sociaux. Le terme « ami » outre sa contre utilisation ne serait-il pas non plus le reflet d’un vide à combler dans les relations sociales de la vie quotidienne ?

La dépendance aux likes…

Dans une société de plus en plus individualiste, où réussite est synonyme de notoriété, exister via les réseaux sociaux devient une addiction comportementale.

Le psychiatre Eric Charles ira plus loin en parlant d’un « désir de voyeurisme assouvi » qui repose sur la base de la réciprocité, mesurable en « likes ». Il faut donc publier un maximum préférant le quantitatif au qualitatif, le sujet commun au spécialisé. Toucher une audience la plus large possible devenant la priorité . Tomber dans le culte du commun devenant inévitable. La dépendance aux likes se met alors en place. La chasse commence. Nous likons pour être likés. Peu importe la manière, seul le résultat nous dira si nous avons notre place dans cette communauté.

Qui n’a jamais liké simplement une photo sans intérêt ? ou 2 lignes d’un texte qu’il ne s’est pas donné la peine de lire ? ou encore mieux qui a juste liké pour que l’auteur voit votre like et s’intéresse à vous ?

Nous entrons alors dans cette spirale infernale de la reconnaissance où l’absence de likes devient une blessure narcissique profonde allant jusqu’à remettre en cause notre légitimité.

Les premiers pas …

Instagram innove en masquant les likes dans des pays tests sur un nombre limité d’individus. La raison officielle : « Nous ne voulons pas qu’Instagram donne l’impression d’être dans la compétition », explique Adam Mosseri, le PDG de la plateforme dont l’ambition est de reconnecter les gens entre eux et de les inciter à publier régulièrement. La version plus officieuse : l’objectif est d’étudier le comportement des utilisateurs en vérifiant si la suppression des compteurs de likes génère plus de membres et de publications.

Cette décision fait suite au constat que certains utilisateurs ne postent plus ou masquent leurs publications s’ils n’ont pas obtenu un nombre de likes satisfaisant.

Mais qu’en est-il des « influenceurs » et des « Followers » me direz-vous ? Influenceur, ce nouveau métier si glamour uniquement basé sur le nombre de followers et influençant les comportements des internautes. Il est à peu près certain que la fin du like sera un véritable bouleversement pour ces nouveaux mentors du comportement social. Mais il est aussi à peu près certain que les réseaux sociaux, à la base même de ces nouveaux « gourous », trouveront un pendant à leur proposer.

Une nouvelle utilisation…

« Les réseaux sociaux, c’est la fin du partage réel. » mais si comme toute civilisation arrivée à son apogée s’annonçait son effondrement … et si cette surconsommation excessive et dénuée de sens annonçait un retour aux véritables relations humaines ! et si, soyons encore plus fous, les réseaux sociaux servaient finalement à rencontrer son voisin ! Partager un café, aller au cinéma, aller à un vernissage, grâce au réseaux sociaux !

Google a surement anticipé ce besoin de reconnexion, en annonçant le lancement d’un nouveau réseau : Shoelace en avril 2019. Cette application devait permettre de faciliter la rencontre des gens ayant les mêmes centres d’intérêt autour de soi. Un mélange de Tinder et de Facebook, toujours sous algorithme, mais cette fois dans l’optique de sortir la tête de l’écran. La crise actuelle est-elle la véritable raison de l’arrêt du projet ?

Quoiqu’il en soit c’est une première tentative. Une tentative de réponse à une problématique bien ancrée dans notre société : il faut retisser de véritables liens sociaux. Peu importe que cet essai ait été abandonné, l’initiative même de sa création a révélé ce besoin intrinsèque qui donnera naissance à de nouvelles tentatives.

Émergence des nouveaux réseaux sociaux…

De nouveaux réseaux sociaux spécialisés, plus petits, plus intimes ont vu le jour. Ils se constituent par signes d’appartenances, à une région, un secteur d’activité, une passion, une catégorie sociale, une problématique…Ils font moins parler d’eux les découvre ainsi un peu par hasard au détour d’un partage. Dans ces microcosmes le « nombre de Dunbar » reprend alors tout son sens. Ces petits réseaux développent le partage, la transmission, la générosité et incitent à tisser des liens durables.

Pour que ces petits réseaux spécialisés existent et continuent de défendre une utilisation différente des évolutions du Web, ils ont besoin d’être financés. Les réseaux spécialisés ne peuvent assurer la gratuité totale de leurs services.

Ne pas payer l’accès aux réseaux, à la presse et autres systèmes d’information, c’est se résigner à ingurgiter tout ce que l’on veut bien nous servir.

Nous prônons une consommation éco-responsable, un comportement coresponsable. N’est-il pas légitime de considérer que l’utilisation que l’on fait des services a un coût !

Si tout est gratuit c’est tout simplement que nous sommes le produit !

Nous alimentons les données sur ce marché du Big data, perdons toute liberté de choix et d’analyse.

Une évolution est inévitable car nous sommes plus éduqués, concernés et attentifs à notre manière de consommer ces réseaux. Certaines tendances telles que « Connect for good » ou les réseaux sociaux alternatifs annoncent un changement des comportements. Peut-être verrez-vous la fin des algorithmes qui prennent les décisions à votre place ! Vous pourrez enfin choisir ce que vous voulez lire et décider avec qui vous souhaitez tisser des liens.

Pourquoi Hubbub Art ?Parce que nous avons déjà intégré cette réalité

  • Un réseau social spécialisé
  • Des publications ciblées
  • Des relations qualifiées
  • Un mode collaboratif
  • Le retour au partage, rencontres, transmission
  • Un modèle économique responsable
  • L’absence d’algorithmes
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